Père Daniel: Qui se couche avec les chiens se lève avec des puces

Nous souhaitons présenter nos sincères condoléances pour les victimes des attentats à Bruxelles le 22 mars: 32 morts et une multitude de blessés. Soudain des innocents sont brutalement arrachés à la vie, cela blesse un peuple à jamais. Il nous faut malgré tout avoir le courage de rechercher les causes profondes d’un tel drame. Comment des terroristes connus, alors que les mesures de sécurité sont à leur niveau maximal, peuvent-ils sans la moindre difficulté commettre en des lieux aussi centraux pareils carnages? Nous laisserons à d’autres le soin de répondre aux questions qui s’ensuivent. S’agit-il d’incompétence ou de complicité de la part de nos services? S’agit-il d’une opération sous faux drapeau (“false flag”) en faveur de sombres intérêts économiques et géopolitiques? Ce qui nous inquiète et engendra entre autres la tragédie syrienne, c’est le fait que médias et politiciens de notre pays, comme de tant d’autres pays occidentaux, ont choisi résolument, depuis de nombreuses années déjà,  de se ranger du côté des terroristes. Notre ministre en charge des Affaires étrangères a même félicité publiquement les jihadistes belges partis en Syrie: “[…] on leur construira peut-être un momument comme héros d’une révolution”, déclarait-il dans une interview le 26 avril 2013. Loin de lui l’intention d’aider l’armée et le gouvernement syriens dans leur combat contre le terrorisme, que du contraire. Poutine et Assad ont à plusieurs reprises averti tous ces politiciens bellicistes qu’ils seraient un jour eux-mêmes victimes des terribles troubles qu’ils attisent. Et nous en sommes là à présent. Soyons clairs: la Belgique (et l’Europe) doit se reprocher pour une grande part à elle-même ces massacres atroces sur notre sol, et nous pouvons nous attendre à davantage encore de ceux-ci dans le futur si nos politiciens et nos médias ne changent pas vigoureusement de cap.

Par ailleurs, l’attitude de notre pays et de l’Europe face à la Turquie ne restera pas non plus sans conséquences dramatiques. Il n’est pas d’Europe viable sans la Russie, pas plus que d’Europe sûre et prospère sans une coopération réciproque. L’Europe des saints Benoît et Vladimir, De Lisbonne à Vladivostok. Pour plaire aux Etats-Unis, l’Europe a choisi plutôt de diaboliser la Russie et de se tirer une balle dans le pied. La Turquie du reste n’a presque rien en commun avec l’Europe. L’attitude européenne envers la Turquie est en contradiction avec ses intérêts réels. Tout est fait pour flatter la Turquie. Celle-ci est hautement responsable quant à la misère accablant Alep, le coeur économique de la Syrie. Ayant démantelé ou saccagé toutes les entreprises de la ville, elle plongea d’un coup dans la pauvreté 130.000 familles. Et ce ne fut là encore qu’un début. La Turquie appuya les jihadistes en vue de disloquer entièrement la Syrie, ce qui provoqua une émigration de masse. La Turquie soutient ouvertement Daech et d’autres terroristes contre la Syrie, si bien qu’à ce jour encore des flots de terroristes continuent de se déverser dans ce pays via la Turquie. Des journalistes turcs indépendants furent arrêtés, enfermés et définitivement écartés pour avoir dénoncé ce terrorisme d’Etat, le régime turc muselant ainsi dans son propre pays la presse indépendante. Et comment réagit l’Europe? Elle récompense grassement la Turquie en lui accordant des milliards d’euros et lui promet d’accélérer les négociations en vue de son adhésion à l’Union Européenne. Il y a un mois (notre lettre XI/10), nous évoquions deux possibilités: ou l’Europe se réveille, prend distance avec la Turquie et s’allie à la Russie pour combattre effectivement le terrorisme; ou elle laisse la Turquie à la manoeuvre, et le terrorisme présent désormais aussi en Europe fleurira avec luxuriance dans le monde entier. L’Europe entre temps a vendu son âme à la Turquie. La Turquie sait maintenant qu’elle peut  impunément continuer de la sorte. Une troisième possibilité encore envisageable à l’heure actuelle serait que le régime d’Erdogan finisse à son tour par s’effondrer.

Nous avons à considérer sérieusement la responsabilité de la Turquie dans les attentats en Europe et en Belgique. Il existe en effet des raisons de soupçonner la Turquie d’avoir commandité les attentats de Paris et de Bruxelles (Thierry Meyssan: Mauvais temps pour le président Erdogan – Réseau Voltaire, 31 mars 2016). Le  matin des attentats à Bruxelles, le journal gouvernemental turc “Star” publiait une attaque en règle d’envergure: La Belgique, un Etat terroriste. Hasard? La Turquie reproche à la Belgique d’avoir accordé l’asile politique à des leaders kurdes et d’avoir autorisé d’y manifester contre les atrocités attribuées aux autorités turques. Elle cherche à mettre la Belgique sous pression, de même que la France qui avait promis à la Turquie de contribuer à l’installation d’un Etat kurde à cheval sur l’Irak et la Syrie du Nord. Le roi de Jordanie reproche en outre ouvertement à la Turquie de préparer un jihad en Europe (David Hearst: Jordan’s king accuses Turkey of sending terrorists to Europe – “Middle East Eye”, 25 mars 2016). Autrement dit: les nombreux terroristes présents en Europe sont un élément de la politique turque ordinaire (http://sputniknews.com/politics/20160326/1037015241/erdogan-leaked-memo.html#ixzz441a1j7Ez). Dans une aveugle et irresponsable haine envers la Syrie, l’Europe embrasse aujourd’hui la Turquie comme certains pays, préparant ainsi la guerre contre eux-mêmes, embrassèrent autrefois le régime nazi.

La Syrie, berceau d’un nouvel ordre mondial

Il y a un quart de siècle s’effondrait l’Union Soviétique. Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, faisant preuve d’une injustice extrême, entreprirent alors  de dominer la planète entière. Grâce à la Russie, le temps de ce “monde unipolaire américain” affublé du soi-disant “triomphe des grandes démocraties” touche à sa fin. La “communauté internationale de Paris-Londres-Washington” est moribonde. Le “mur de l’arrogance” et son “axe du Bien” sont brisés.

Cette transformation historique se produit en ce moment en Syrie, “la mère de notre civilisation”. Une Syrie qui sut résister à ses faux “frères” d’Orient tout autant qu’à ses faux “amis” d’Occident. La diplomatie russe devient l’emblème de la restauration de la paix et du droit. A vouloir imposer leur volonté au peuple souverain de Syrie, les dirigeants de Washington, Paris, Londres et Ryad ont perdu leur autorité.

Telle est la conviction de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan, au Zimbabwe et en Syrie, actuellement membre de la Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence étrangère (voir notamment son article Syrie: en route pour un nouvel ordre mondial – 5 février 2016). Il est l’auteur également du volumineux ouvrage Tempête sur le Grand Moyen-Orient paru aux éditions Ellipses – 2015. Il réagit bien entendu vivement à la politique illégale et immorale de son propre pays. Dans un long article, il vient de décrire en détail les phases successives du massacre de masse et du chaos perpétrés (au nom du Bien, et même au nom de Dieu!) ces 25 dernières années en Irak, Libye et Syrie. Il y mentionne les principaux responsables et leurs suppôts en Europe et au Moyen-Orient (Michel Raimbaud: Le chemin de Damas, les ruines, le sang et les larmes – 29 mars 2016; http://reseauinternational.net/le-chemin-de-damas-les-ruines-le-sang-et-les-larmes/).

Père Daniel


 

Source: E-mailbericht de père Guy Borreman SJ, Zr Lucienne

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